LE CHANT DES VIVANTS
LE CHANT DES VIVANTS

« Où vais-je ? » est la première chanson née lors des ateliers d’écriture musicale autour de l’exil mis en place par Limbo.
F., militant djiboutien, a écrit cette chanson à Conques, en 2018, avec le soutien de l’équipe Limbo et de Mathias Duplessy, musicien. C’est un contenu inédit, jamais diffusé auparavant. 

Le synopsis du film

« Le désert, les camps, la torture, la faim. La Libye, la mort. La mer… la terre, enfin.
Quand les récits s’épuisent, quand tous les mots s’usent, comment faire entendre une douleur qui reste indicible ?
Survivants de la longue route de l’exil, de jeunes filles, de jeunes hommes arrivent à Conques, au coeur de l’Aveyron.
Un village, une Abbatiale historique sur un chemin de pèlerinage.
Là, une toute jeune association, LIMBO, entourée d’habitants accueillants, permettent au groupe de se poser un temps.
Ces jeunes sont issus d’Erythrée, du Soudan, de Somalie, de Guinée, de RDC.

A Conques, il marchent, discutent, respirent, mais ne se défont pas du souvenir de la mort qui hante leur mémoire. Elle les rattrape au détour d’un chemin, au creux de la nuit, au gré d’un échange avec les autres à table, au réfectoire. Alors un jour surgit une idée un peu folle. Comme une expérience collective. 
L’histoire commence à l’automne dans ce petit bout de France et se terminera en juillet, dans l’éclat d’un été, au bord de la rivière du Dourdou, qui coule au fond de la vallée.

La réalisatrice pose sa caméra dans une bibliothèque, la cuisine d’une maison, dans un coin d’une ancienne grange. Un à un, les jeunes survivants entament avec elle, qui passe devant la caméra, un long échange libre de toute contrainte chronologique pour évoquer ce qui les a profondément marqué dans la route. Se dégage alors une obsession, un thème qui sera celui de la chanson.
A partir de mots notés, ensemble, ils commencent à écrire. Plus tard vient le temps de la musique, accompagné par Mathias Duplessy, l’une des grandes plumes de la musique du monde en France.

Au fil de l’année, chacun des membres du groupe écrit une, parfois deux chansons.
Tous finissent par trouver le chemin vers cette voix qui leur permet de mieux se faire entendre. Une voix différente, une langue commune. Les saisons s’égrainent, les corps se délient, les plumes s’affinent, les voix se lèvent. Une à une, les chansons composées finissent par redessiner la route de l’exil, par dire la douleur traversée… pour enfin créer, ensemble, un grand chant des vivants. »