Les séjours à Conques

NOVEMBRE 2021

Un rire naissant

Stéphanie, notre art-thérapeute, débute la 1ère séance du séjour avec un exercice de relaxation. Ceux qui sont déjà venus à Conques ou qui fréquentent les ateliers parisiens connaissent bien cette pratique méconnue par les autres. On observe quelques rires nerveux qui se transforment rapidement en respiration profonde grâce à la présence rassurante de Stéphanie. Certains lâchent prise, s’endorment presque.

Puis nous nous asseyons au sol, face à face, autour d’une grande feuille de dessin. Commence alors un moment de création à deux, où nous sommes amenés à communiquer avec l’autre au travers de traits dessinés au feutre. Une musique orientale enveloppe la grange qui nous sert d’atelier et invite chacun à se concentrer. Une fois l’exercice terminé, la parole se libère et chacun partage son expérience du moment. Joan dit retrouver le rire, un son qu’elle avait oublié depuis longtemps. L’espace d’un instant, Khadi a voyagé en Afrique et retrouvé des couleurs perdues.

La ficelle

La veille, nous avons commencé un “jeu des prénoms” qui permet de mémoriser les noms de chacun. Comme être capables de se nommer mutuellement nous semblait être la base pour installer une atmosphère bienveillante, nous commençons la séance d’aujourd’hui en y jouant à nouveau.

Cette entrée en matière est suivie par un exercice de danse à deux lors duquel chaque danseur est lié à son partenaire par une ficelle maintenue tendue. Une des participantes est très affectée et confie que la ficelle lui a rappelé des heures sombres en Libye où elle avait été attachée aux autres prisonniers. Ces cauchemars qui les hantent peuvent survenir à tout moment, à cause d’une ficelle comme ici, mais peuvent aussi les submerger à cause d’un mot, d’une situation, ou tout simplement en fermant les yeux trop longtemps. C’est une des conséquences du stress post-traumatique. Dans l’intimité d’une confidence à l’une des encadrantes, la jeune femme, émue aux larmes, réussira à trouver les mots pour confier ce terrible souvenir que la danse a provoqué en elle.